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Affichage des messages portant l'étiquette Critique d'album

World Image, World Image (2022)

Le premier et unique album pour l’heure du groupe canadien World Image a de quoi surprendre agréablement les amateurs de musique indépendante inhabituelle. Huit chansons mélodieuses, compactes, minimalistes, comme un Kurt Cobain aurait été capable d’en faire. Ambiance mystérieuse et reposante, comme dans une forêt ou une rue déserte inondée de pluie, sans oublier l’arc-en-ciel qui égaie discrètement le paysage. Des chansons introspectives, aux paroles existentielles, parfois sombres, parfois garnies d’un énigmatique sourire en coin : « if it rhymes, it’s poetry ». Cette première fournée de World Image ne comporte pas de temps mort. Les morceaux sont tous efficaces, mémorables et intéressants, commandant aisément la réécoute. Les pistes qui me ravissent plus particulièrement sont World Image ,  One Big Time, Road to Me et Oh My Sun . Toutes les compositions et paroles sont l’œuvre du leader de la formation, Malcolm Jackson Biddle, qui assure également la réalisation et le...

Bar Italia - The Twits (LP) et The Tw*its (EP)

Des structures instrumentales proches du rock alternatif des années 1980 et 1990. Côté instruments, la musique de Bar Italia renvoie à des groupes comme Sonic Youth, Duster, Blonde Redhead et Slint. Une voix féminine mi-plaintive, mi-moqueuse, tantôt susurrante, tantôt mélodieuse, oscillant entre Kim Gordon et Karen O ponctue les compositions. Faussant souvent, étalant une insécurité assumée, voire recherchée, elle brave les attentes de l’auditeur, irrévérencieuse et naturelle tout à la fois. Deux voix masculines juvéniles, passées par un filtre grésillant lui répliquent systématiquement. Des parties vocales qui se succèdent selon une logique monologique tels des récitatifs de hip-hop, le plus souvent, en faisant fi de la structure chansonnière classique du type verset-refrain. Dans l’ensemble des morceaux, la voix tient d’une couche additionnelle, superposée à la trame instrumentale, comme dans un karaoké. On a l’impression que la ligne vocale a été écrite indépendamment, que la mélod...

Iggy Pop : New Values

Voici mes impressions d’un album d’Iggy Pop des années 1970, le fameux New Values , dont le succès à l’époque fut relatif, mais qui est néanmoins un album assez fin est subtil. L’instrumentation est typique du glam rock à la David Bowie de la même époque, mais Iggy pousse l’expérimentation un peu plus loin, créant des paysages sonores et esthétiques qui frisent le post-punk. Les paroles sont évocatrices, ambiguës, riches en possibilités et en même temps très terre-à-terre, quotidiennes, expédiées dans l’urgence et l’inconfort d’une vie ouvrière. Car, dans plusieurs chansons, Iggy évoque sa condition d’ouvrier, et c’est dans ce sens, un album qui revendique une appartenance politique gauchiste. Les nouvelles valeurs du titre seraient le mirage d’une vie plus heureuse et plus juste pour tous. 1. Tell Me a Story Coups de cœur : 5 sur 6 Chanson dont la forme évoque les Rolling Stones. Pensées décousues, chaotiques. D’emblée, nous sommes conviés dans un monde aux prises avec la sub...

Marillion: Fuck Everyone and Run (F E A R)

C’est un album sombre, pessimiste, rempli de vagues froides, effrayant par moments. C’est le cas de le dire, car, comme le nom de l’album l’indique, c’est un album qui prend la peur pour thème et pour source d’inspiration. La peur, ce vieux puits glacial d’où remontent tous les malheurs et toutes les atrocités dont l’humain s’est fait une spécialité au fil des millénaires. Notre époque semble, dans l’optique de l’album, incarner l’heure de gloire de la peur, son apogée. Elle en serait dominée dans tous ses aspects : politique (The New Kings), sentimental (White Papers), social (The Leavers), économique (El Dorado). On ne peut pas dire que l’album est d’une originalité inouïe : la corruption du monde, sa dégénérescence sous l’emprise du capital et de la manipulation, la couardise et le conformisme sont autant des sujets de prédilection des albums rock conceptuels d’inspiration progressive. Pensons à Pink Floyd et à Roger Waters, ou, beaucoup plus récemment, à Arcade Fire. Mar...