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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette Jeunesse

Érika Soucy et Geneviève Bigué – La maison cachette

Cet album de bandes dessinées jeunesse traite d’un sujet grave et promet de faire réfléchir les adultes tout en réconfortant les enfants. La violence conjugale est l’épicentre du drame narré par les deux autrices québécoises. Un foyer familial québécois blanc qui étouffe sous le pouvoir autoritaire du père, lequel va jusqu’à installer un carillon devant la porte d’entrée de la maison, question de mieux surveiller et contrôler les sorties des siens. Cette présence despotique n’est jamais montrée explicitement, on en mesure simplement les dégâts : le mari-père n’est jamais représenté dans l’album si ce n’est sous forme d’ombre. Le caractère virtuel, impersonnel de cette toute-puissance la rend d’autant plus effrayante.  La maison cachette (couverture) La mère et ses deux enfants s’enfuient donc, une nuit, dans une auberge pour femmes victimes de violence conjugale, où ils sont accueillis par la présence aimable et rassurante de la préposée Caroline, une femme noire. Ainsi, cette aube...

Alice in Wonderland en français : étude comparative de trois traductions du livre de Lewis Carroll

Alice in Wonderland en français : étude comparative de trois traductions du livre de Lewis Carroll Auteur: Yavor Petkov On risque d’être surpris en découvrant qu’un des livres les plus traduits du monde est réputé intraduisible; qu’un des livres pour enfants les plus emblématiques n’est pas tout à fait un livre jeunesse; que l’auteur d’une aventure livresque parmi les plus insolites était connu pour sa personnalité traditionnelle, conservatrice, voire austère, et que sa figure est aussi controversée qu’entourée de mystère; qu’un narratif plutôt opaque s’est gagné un tel attachement de la part du public. Alice in Wonderland est un effectivement livre tissu de contradictions, à l’instar de son auteur. Pour les traducteurs d’aujourd’hui et d’antan, il a toujours incarné un défi particulier, ce qui explique en partie le désir jamais assouvi de s’y essayer encore et encore, que ce soit sous la forme d’une traduction au sens propre ou de diverses adaptations ciblant des publics et des objec...

Gabrielle Roy, Ces enfants de ma vie

Février 2019 Février 2019 Un roman qui raconte le passage de l’enfance à l’âge adulte – aussi bien chez les enfants que chez l’institutrice. Il raconte aussi la difficulté de vivre dans une campagne reculée à l’époque de la protagoniste (elle devrait être celle de la Grande dépression), isolé de tout, condamné à une vie sans joie et sans avenir : « Au fond il n’y avait pourtant par là rien à voir. Ni toit de maison, ni grange, ni même de ces minuscules greniers à blé comme il y en eut partout dans la plaine au temps de trop abondantes récoltes qui ne s’écoulaient pas. Seulement un bout de route de terre qui s’élevait légèrement tout en tournant un peu sur lui-même et aussitôt se perdait dans l’infini. » (p. 94) Or cette sensation d’étouffement ne vient pas de l’espace lui-même mais bien des gens qui l’habitent. Ainsi, la narratrice suggère que c’est bien eux, l’ordre social qu’ils ont instauré, par opposition à la liberté des « sauvages » (Médéric et sa mère), qui ser...