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Bar Italia - The Twits (LP) et The Tw*its (EP)

Des structures instrumentales proches du rock alternatif des années 1980 et 1990. Côté instruments, la musique de Bar Italia renvoie à des groupes comme Sonic Youth, Duster, Blonde Redhead et Slint. Une voix féminine mi-plaintive, mi-moqueuse, tantôt susurrante, tantôt mélodieuse, oscillant entre Kim Gordon et Karen O ponctue les compositions. Faussant souvent, étalant une insécurité assumée, voire recherchée, elle brave les attentes de l’auditeur, irrévérencieuse et naturelle tout à la fois. Deux voix masculines juvéniles, passées par un filtre grésillant lui répliquent systématiquement. Des parties vocales qui se succèdent selon une logique monologique tels des récitatifs de hip-hop, le plus souvent, en faisant fi de la structure chansonnière classique du type verset-refrain. Dans l’ensemble des morceaux, la voix tient d’une couche additionnelle, superposée à la trame instrumentale, comme dans un karaoké. On a l’impression que la ligne vocale a été écrite indépendamment, que la mélodie a pris forme en toute autonomie, en épousant les instruments au gré de sa propre fantaisie, dans un espace qui lui est propre. Un peu comme dans le hip-hop à ses débuts, où l’instrumental préexistait au chant. Manu Chao a, entre tant d’autres, suivi la même recette. Cette configuration particulière des éléments de la composition a été par la suite empruntée par le trip-hop, d’où cette impression de dédoublement du monde musical. Deux mondes s’y côtoient : l’un instrumental, ambiant, extérieur à l’être humain, qui suit sa propre logique, et l’autre, vocal, qui s’y greffe comme une sorte de commentaire. On retrouve cette sensation dialogique et méta-musicale chez Bar Italia, que je ressens davantage comme un groupe de trip-hop que comme un groupe de rock. Du côté des émotions véhiculées, la musique du groupe est profonde et généreuse. Il est difficile de la cataloguer émotionnellement, tant elle est polyvalente, subtile, riche en nuances infinies. C’est ce qui distingue le bon art de l’art médiocre, à mon sens.

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