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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette Rock

Kim Gordon et Voyeur à Montréal en 2026 : une belle occasion pour la relève du rock alternatif

Kim Gordon, bassiste et co-vocaliste de Sonic Youth, a publié trois albums à l’heure des bilans (à 66 ans, à 72 ans et à 73 ans) et s’est offerte une tournée mondiale, dont un passage à Montréal le 12 septembre 2026. À l’occasion de ce concert, je me suis familiarisé avec ses trois opus, que je n'avais pas écoutés. Je savais qu’elle avait lancé une carrière solo après la dissolution de Sonic Youth, qui a fait suite à celle de son mariage avec Thurston Moore, mais je n’avais jamais été particulièrement enthousiaste pour la connaître de près. Ce n’est pas faute d’aimer le groupe, mais parce que je m’attendais à quelque chose barbant, à une autre velléité d’attirer les feux des projecteurs, de vendre ce qui reste à vendre et de pomper ce qu’il y a à pomper d’une carrière en perte de vitesse; le pari souvent tenté et rarement réussi de bon nombre de vedettes d’hier. Est-ce aussi le cas de Kim Gordon? En partie oui, mais contrairement à d’autres mastodontes du rock, elle le fait de fa...

Bon enfant au parc Molson : un autre passage du vent doux

Hier soir, le groupe montréalais Bon enfant nous a fait cadeau d’un concert en plein air, au parc Molson, à Rosemont. C’était un festival de quartier, intitulé L'Été qui reste , organisé par un groupement de commerçants locaux. C’était très animé, gai, chaleureux. Des stands de bouffe flanquaient une sorte de pavillon de verdure sur lequel trônait la scène. Des lumières bariolées, un fumet appétissant de gyros, un animateur qui enchaînait des tubes de diverses époques assortis d’un filtre particulier, parmi lesquels j’ai reconnu Aimes-tu la vie comme moi? de Boule Noire. Les spectateurs paraissaient pleins d’un entrain délicat, détendus, contents, souriants. Une bonne humeur vive et palpable régnait dans le parc. Le festival  L'Été qui reste au parc Molson, Montréal C’était aussi la Journée de l’album québécois, et j’en ai profité pour m’acheter le seul album de Bon enfant qui manquait à ma collection. Le groupe est monté sur scène vers 19 h 30. La chanteuse Daphné était d’un...

Kim Thayil, A Screaming Life: retour aux origines de Soundgarden et fresque d'une époque

Ce livre nous offre non seulement l’histoire du groupe Soundgarden, mais aussi une fresque représentant l’ère du grunge à Seattle, ce dernier grand courant du rock qui a marqué plusieurs générations et qui continue de faire des vagues presque 40 ans plus tard. J’ai été agréablement surpris d'apprendre, dans l’infolettre du site de Soundgarden, la parution de l'ouvrage, et j’ai immédiatement commandé un exemplaire. J’avais 13 ans quand leur dernier album avant le premier hiatus, Down on the Upside , est sorti, en 1996. Je suivais une émission télévisée musicale, parrainée par PolyGram, qui présentait les nouvelles sorties de l’étiquette. Ils y avaient fait jouer Pretty Noose , le tout nouveau simple du groupe. J’avais été hypnotisé par l’étrangeté et la profondeur de cette musique. Amateur consommé de Nirvana, de Radiohead et de Red Hot Chili Peppers, j'avais trouvé que Soundgarden cumulait ces directions musicales tout en les amenant à un autre niveau, plus abstrait, plu...

Bar Italia à Montréal, novembre 2025

            Le groupe londonien Bar Italia nous a rendu visite le 25 novembre 2025. Le spectacle faisait partie de sa tournée nord-américaine qui soulignait leur nouvel album  Some Like It Hot . Le concert, organisé par  Blue Skies Turn Black , devait normalement avoir lieu au club Soda, mais un transfert au Théâtre Fairmount avait eu lieu quelques jours auparavant. Je dois avouer que Bar Italia suscite en moi des sentiments mélangés et incertains. Je trouve que leur musique a un côté désagréable, vicieux, prétentieux, mais qu’elle est d’autant plus surprenante. Elle se grave dans l’esprit sans difficulté, enfante des vers d’oreille et appelle souvent à sa réécoute. Le trio est en lui-même une curiosité : ses membres sont assez différents tant par leur personnalité que par leur attitude, voire par leur style vestimentaire. Le groupe a cela de particulier que les trois membres sont au même titre des chanteurs principaux, même si on...

Bar Italia - The Twits (LP) et The Tw*its (EP)

Des structures instrumentales proches du rock alternatif des années 1980 et 1990. Côté instruments, la musique de Bar Italia renvoie à des groupes comme Sonic Youth, Duster, Blonde Redhead et Slint. Une voix féminine mi-plaintive, mi-moqueuse, tantôt susurrante, tantôt mélodieuse, oscillant entre Kim Gordon et Karen O ponctue les compositions. Faussant souvent, étalant une insécurité assumée, voire recherchée, elle brave les attentes de l’auditeur, irrévérencieuse et naturelle tout à la fois. Deux voix masculines juvéniles, passées par un filtre grésillant lui répliquent systématiquement. Des parties vocales qui se succèdent selon une logique monologique tels des récitatifs de hip-hop, le plus souvent, en faisant fi de la structure chansonnière classique du type verset-refrain. Dans l’ensemble des morceaux, la voix tient d’une couche additionnelle, superposée à la trame instrumentale, comme dans un karaoké. On a l’impression que la ligne vocale a été écrite indépendamment, que la mélod...

Kurt Vile & The Violators + The Sadies : la fougue sereine

* Février 2019 Montréal fut la deuxième escale dans la tournée nord-américaine de Kurt Vile & The Violators en compagnie des Torontois The Sadies . Le folk-rocker indé inimitable, membre fondateur de The War on Drugs qui poursuit actuellement un projet solo de plus en plus connu, nous a offert un spectacle inoubliable devant une salle pleine à craquer, le 15 février 2019 au M-TELUS. The Sadies, en première partie, avec leur country débridé, composé et joué avec grâce, ont aimanté le public, qui leur a réservé un accueil digne d’une vedette de soirée. Après un entracte qui nous a paru un peu plus prolongé que de coutume, le band philadelphien s’est faufilé sur scène, avec Kurt en tête. Ils ont empoigné leurs instruments et, sans préambule, ont fait jaillir le premier carton de leur dernier album, Loading Zones .  Nous avons été immédiatement transportés dans l’univers nuageux de leur « dirty little town » que la vidéo nous avait déjà fait entrevoir. Non seulement il n’y a eu a...

Red Hot Chili Peppers, The Strokes et Thundercat au centre Rogers, Toronto

Le 21 août 2022, je suis allé regarder ces trois artistes : l’occasion pour moi de revisiter et de redécouvrir la capitale de l’Ontario. La sonorisation était ce que j’aie entendu de plus horrible à une scène de cet acabit. Je m’explique difficilement cette faille frappante. Serait-ce que les caractéristiques acoustiques du centre Rogers ne soient pas adaptés aux spectacles de musique? En tous cas, c’est fort étonnant quand on sait que les groupes de cette renommée amènent habituellement leur propre équipe de techniciens sur les lieux. Seuls The Strokes pouvaient se féliciter d’un son qui fasse plus ou moins honneur à leur musique. Chez les autres artistes, il s’agissait d’un brouhaha inintelligible que l’on ne peu écouter qu’en ayant des bouchons dans les oreilles. Thundercat La prestation et la présence même de cet artiste à un tel événement m’a paru un peu gratuite. C’était du jazz recouvert d’un vernis pseudo-punk, mi-figue mi-raisin, se soustrayant aux exigences élevées d’un publi...

Alvvays : la lèvre supérieure rigide d’une petite fille triste

Mars 2023  Le groupe canadien Alvvays ne nécessite plus de présentation pour les amateurs de pop-rock indé contemporain. Leurs airs rêveurs et tristes, tissus d’un calme éthéré qui berce et enveloppe l’auditeur, ont su enthousiasmer plus d’un depuis 2011, année de fondation du quintet. Le concert a eu lieu à Montréal, début mars, au M-Telus, sans faire trop de vagues, mais il a su réjouir les admirateurs du groupe originaire de l’Île-du-Prince-Édouard. C’était un soir sombre et glacial de fin d’hiver. La lumière était au bout du tunnel mais paraissait peu à même de nous réchauffer. Nous sommes arrivés un peu en retard et n’avons pu assister qu’à la clôture de la prestation du groupe qui assurait la première partie, DISQ. Ma mémoire en garde le souvenir d’une salve de punk-rock emballé et stylé qui laboure l’imaginaire de l’auditeur dans l’espoir d’en soutirer une émotion. Musicalement, ce n’était rien de bien nouveau : un rock d’adolescents de bonne famille espiègles et un peu fâch...

La fougue disciplinée: Meggie Lennon, Legal Vertigo et Bon Enfant

Fan de Canailles, j’ai été tout de suite intrigué par le nouveau projet de Daphné Brissette, Étienne Côté et Mélissa Fortin – Bon Enfant. J’en ai entendu parler pour la première fois il y a presque un an. C’est à cette époque que mon oreille a pu capter les derniers accords de leur spectacle sous l’aile des dimanches Déplogue! au Quai des brumes. Je suis arrivé très en retard ce soir-là, mais j’ai quand même pu deviner l’espèce de rock progressif qui épousait étonnamment bien la voix abrasive de Brissette, front-woman de Canailles. Alors, quand j’ai remarqué la myriade d’affiches couvrant actuellement les murs de Montréal et annonçant la venue au monde de leur premier opus éponyme, je me suis promis de ne plus manquer l’occasion. D’autant plus que, en attendant, j’ai pu faire connaissance avec leur nouveau-né en ligne. Cette fois-ci l’occasion nous a été offerte par le festival M pour Montréal, hébergé ce jour-là par Le Ministère. Aux côtés de Bon Enfant, nous avons pu découvrir deux a...

Mardi gras avec Le Winston Band et Lemongrab

Si, avant de grimper l’escalier qui mène à La Salla Rosa,  je n’avais pas dû recevoir les caresses glaciales du boulevard Saint-Laurent, je me serais bien cru quelque part à la Nouvelle-Orléans ce mardi 6 mars 2019.  La salle était remplie de l’ambiance exubérante et radieuse typique des défilés de la métropole louisianaise. L’esprit qui y régnait était passablement farfelu, ouvert et surtout dépourvu de jugement sur qui que ce soit. Des costumes bigarrés, des couleurs voyantes, des slogans et des inscriptions biscornues pavoisant les murs (« Des grillons au gouvernement »), des pantins grotesques tels qu’une tête énorme trônant aux abords de la scène ou un énorme grillon manœuvré par deux opérateurs eux-mêmes fardés et multicolores, des tables surchargées de maintes casseroles et assiettes destinées à régaler les participants au bal masqué … tout un petit monde aussi disparate qu’uni dans son état d’âme.     Les visiteurs non costumés, dont moi-même, faisaient ...

Marillion: Fuck Everyone and Run (F E A R)

C’est un album sombre, pessimiste, rempli de vagues froides, effrayant par moments. C’est le cas de le dire, car, comme le nom de l’album l’indique, c’est un album qui prend la peur pour thème et pour source d’inspiration. La peur, ce vieux puits glacial d’où remontent tous les malheurs et toutes les atrocités dont l’humain s’est fait une spécialité au fil des millénaires. Notre époque semble, dans l’optique de l’album, incarner l’heure de gloire de la peur, son apogée. Elle en serait dominée dans tous ses aspects : politique (The New Kings), sentimental (White Papers), social (The Leavers), économique (El Dorado). On ne peut pas dire que l’album est d’une originalité inouïe : la corruption du monde, sa dégénérescence sous l’emprise du capital et de la manipulation, la couardise et le conformisme sont autant des sujets de prédilection des albums rock conceptuels d’inspiration progressive. Pensons à Pink Floyd et à Roger Waters, ou, beaucoup plus récemment, à Arcade Fire. Mar...