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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette Théâtre

Tennessee Williams, La chatte sur un toit brûlant

Après avoir lu et décortiqué Un tramway nommé désir , je me suis lancé à découverte de la deuxième pièce la plus célèbre de Tennessee Williams, La chatte sur un toit brûlant . Un dispositif scénique complexe, une multitude de personnages, une intrigue formée de plusieurs fils narratifs : cette œuvre jure avec le minimalisme d’Un tramway nommé désir. Je l’ai cependant trouvée plus vivante, vraie de cette vérité palpitante et en même temps irrésolue qui est, en fait, la vie tout court. L’intrigue se tisse autour du sort de Brick, fils d’un entrepreneur agricole puissant, ancien joueur de football, devenu par la suite reporter sportif et, tout dernièrement, alcoolique désœuvré, et de son épouse Maggie, la « chatte » en question. Brick boude la couche de sa femme depuis longtemps, et le dramaturge nous laisse incertains sur les raisons de cette abstention. D’une part, le moment où Brick sombre dans la boisson coïncide avec le suicide de son meilleur ami et partenaire de jeu, Skipper. On ap...

Tennessee Williams, Un tramway nommé désir

Tout d'abord, j’avais trouvé cette pièce un peu prévisible, simpliste, du point de vue contemporain. Elle ne l’était sûrement pas à l’époque de sa parution, à la fin des années 1940, à une époque où le fascisme montrait déjà son visage hideux à l’horizon. Blanche DuBois incarnait visiblement une sensibilité et une vulnérabilité romantique qui s’opposait à la brutalité du monde environnant, en proie à ses pulsions de domination et de destruction. Cela étant, elle restait un personnage subtil et complexe : elle pouvait paraître tour à tour vicieuse, grotesque, noble et gracieuse. Elle a menti sur son véritable train de vie, elle s’invente une existence et une identité qui jure cruellement avec le caractère tragique de sa vie réelle. Mais cette dualité, n’est-ce pas le drame de bien des humains? N’est-elle pas notre condition absurde, à nous, qui nous drapons dans une image confectionnée pour les réseaux sociaux, une image lustrée digne d’un magazine people (je trahis mon âge) ou d’un...

Oscar Wilde, The Importance of Being Earnest

Je connaissais de nom cette pièce d’Oscar Wilde. Le contraire aurait été étonnant, tant elle est illustre. Je l’avais vu jouer à mon école secondaire : mes camarades d’école l’avaient montée, en traduction française, pour marquer la fin de l’année scolaire ou la fin de nos études. Mais je n’en garde que très peu de souvenirs. En fait, je ne suivais pas l’action, je la trouvais lourde et complexe, trop verbeuse, j’avais vite perdu le fil de l’intrigue. Plus tard, j’en avais lu un extrait dans mon manuel d’anglais ( Headway , si je ne me trompe). C’était la scène ou Jack fait l’aveu de son origine auprès de Lady Bracknell. J’aurais peut-être dû dire « Mme Bracknell », mais, en fait, non, je m’entête à dire « Lady », tellement le texte est ancré ans des réalités britanniques inconvertibles. Tout dernièrement, la pièce a été montée par la troupe Repercussion Theatre, en anglais, dans le cadre des soirées Shakespear in the Park , qui présentent des spectacles théâtraux e...

Marco Micone, Addolorata

Printemps 2022 Une pièce empreinte d’empathie envers les classes populaires et la condition d’immigré : ouvriers, propriétaires d’estaminets, habitants de logements sociaux, femmes au foyer étouffant sous le joug machiste de leur époux, père, etc. Les deux personnages, Giovanni et Addolorata, sont tout sauf exsangues. Vivants et nuancés, peints du trait précis et sensible propre à Marco Micone, que je connaissais du Figuier enchanté . La pièce n’offre pas de réponses simplistes au drame qui sépare les deux époux. Ce drame pourrait être le corollaire de leur condition de subalternes dans une société fondée sur l’injustice. Il pourrait aussi apparaître comme la manifestation du drame de tout être humain, dont l’élan juvénile vers le bonheur se solde souvent par l’amertume et le désenchantement, amplifié par la force même de cet élan initial. À moins que la jeune personne décide de reprendre les brides et de poursuivre le voyage. On ne devient pas immigré pour embrasser l’immobilisme et l...