Avril 2020 Gros volume que j’ai eu le bonheur d’acheter à une braderie. Saga familiale épique et imposante. Drame capitaliste. Élégie urbaine. Derrière les faits divers, en filigrane, le récit d’une maladie collective qui assiège petit à petit les âmes pour les empoisonner de l’absinthe du doute, de la folie, de la fourberie. Les caractères que l’auteur dépeint oscillent sans répit entre le bon sens et la folie. Comme dans Le Matou, on n’est jamais sûr si les héros ne sont pas en train de perdre la raison. Des esprits malins ne cessent de taquiner leur esprit, leurs valeurs et leurs idées. Rien n’est définitif. Le sublime ne boude pas le vulgaire. Yves Beauchemin a une plume singulière. Tantôt philosophique, profonde, osée, tantôt triviale, frôlant la plaisanterie douteuse, la platitude, l’utilitarisme. Son roman ne manque pas de propos vexatoires, à l’endroit des pauvres, des laids, des malheureux, de ceux qui sont dépourvus de talent, des invisibles de cette terre. Comme si...
Je lis, je vais à des spectacles et je partage. À Montréal.