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Affichage des messages portant l'étiquette Concerts

Un premier jour de l'été extrême et réjouissant : Napalm Death, Primitive Man, Portal Tomb et Wiegedood

C’était une journée de début d’été. La chaleur se faisait encore discrète, le climat était agréable, les rues commençaient à se remplir de promeneurs. La torpeur de l’hiver était officiellement chose du passée. Pour quelques mois. Le 1er juin 2026. La splendeur des premiers rayons de soleil d’été jurait drôlement avec la tenue macabre des métalleux rassemblés devant le Théâtre Fairmount. T-shirts noirs décorés de têtes de morts, de visions sordides, de scènes traumatisantes, de paysages désolants. Visages contemplatifs, calmes, recueillis ou alors joviaux et moqueurs. Une ambiance de tolérance et de paix qui formait un joli contraste avec l’esthétique violente qui couvrait les corps. Aujourd’hui, on voyait un groupe spécial, unique en son genre. Napalm Death, les parrains du grindcore, ce curieux mélange de punk hardcore et de death metal, qui savent marier la rage et l’horreur à une drôlerie loufoque. Un groupe que j’avais vu pour la dernière fois en 2011, en compagnie de Therapy?, un...

Corail et Douance : l’inquiétante sérénité

 Le 30 mars 2026, les groupes québécois Douance et Corail se sont produits sur la petite scène du club Verre bouteille , dans le Plateau-Mont-Royal, à Montréal. C’était une soirée de fin d’hiver, où le printemps n’avait pas encore montré le bout de son nez, mais où l’on sentait déjà le redoux imminent dans l’air. J’ai arpenté l’avenue Mont-Royal, de la station Mont-Royal jusqu’au Verre bouteille . Cela faisait des années que je n’y étais pas passé. Le charme un tantinet inquiétant de cette artère n’avait pas bougé d’un pouce. La transition entre les milieux plus hipster, plus près de la Montagne, et les ruelles plus sombres a été un moment que j’ai été content de revivre. Si je connaissais déjà bien le groupe Douance grâce à leurs deux albums, le groupe Corail m’était presque inconnu. J’en avais tout au plus croisé le nom lors de mes flâneries sur la Toile, mais je savais que ce serait quelque chose de bon, rien qu’en raison de leur alliance avec Douance. J’avais raison : les deux ...

Bar Italia à Montréal, novembre 2025

            Le groupe londonien Bar Italia nous a rendu visite le 25 novembre 2025. Le spectacle faisait partie de sa tournée nord-américaine qui soulignait leur nouvel album  Some Like It Hot . Le concert, organisé par  Blue Skies Turn Black , devait normalement avoir lieu au club Soda, mais un transfert au Théâtre Fairmount avait eu lieu quelques jours auparavant. Je dois avouer que Bar Italia suscite en moi des sentiments mélangés et incertains. Je trouve que leur musique a un côté désagréable, vicieux, prétentieux, mais qu’elle est d’autant plus surprenante. Elle se grave dans l’esprit sans difficulté, enfante des vers d’oreille et appelle souvent à sa réécoute. Le trio est en lui-même une curiosité : ses membres sont assez différents tant par leur personnalité que par leur attitude, voire par leur style vestimentaire. Le groupe a cela de particulier que les trois membres sont au même titre des chanteurs principaux, même si on...

Dope Lemon à Montréal

Il y a environ 10 ans, je suis tombé sur une suggestion de YouTube qui m’avait impressionné profondément, s’insinuant subtilement dans mon imaginaire. C’était la vidéo de Honey Bones , une vision onirique, aussi béate qu’inquiétante, où l’on voit plusieurs jeunes femmes danser devant le regard alangui de la caméra, en contrehaut, dans une sorte de rituel incantatoire, comme si nous, le spectateur, étions couchés par terre, au détour d’une hallucination qui déteint sur la réalité. La chanson elle-même, mélopée sensuelle épousant la voix nasillarde et mélancolique d’Angus Stone, se déroulait comme un serpent dansant sur fond d’accords décontractés. Un monde qui retient son haleine, monotone, sans vague, mais où perle une pointe de malice. C’était d’une simplicité puissante, bien articulée, et même si la vidéo comme la chanson n’avaient rien de particulièrement original, ils laissaient une trace durable dans l’esprit. Je revenais souvent vers cette vidéo, ne résistant pas à l’envie de...

Kurt Vile & The Violators + The Sadies : la fougue sereine

* Février 2019 Montréal fut la deuxième escale dans la tournée nord-américaine de Kurt Vile & The Violators en compagnie des Torontois The Sadies . Le folk-rocker indé inimitable, membre fondateur de The War on Drugs qui poursuit actuellement un projet solo de plus en plus connu, nous a offert un spectacle inoubliable devant une salle pleine à craquer, le 15 février 2019 au M-TELUS. The Sadies, en première partie, avec leur country débridé, composé et joué avec grâce, ont aimanté le public, qui leur a réservé un accueil digne d’une vedette de soirée. Après un entracte qui nous a paru un peu plus prolongé que de coutume, le band philadelphien s’est faufilé sur scène, avec Kurt en tête. Ils ont empoigné leurs instruments et, sans préambule, ont fait jaillir le premier carton de leur dernier album, Loading Zones .  Nous avons été immédiatement transportés dans l’univers nuageux de leur « dirty little town » que la vidéo nous avait déjà fait entrevoir. Non seulement il n’y a eu a...

Bizarrerie et langueur montréalaises: Yum, Magi Merlin et The Forties

Trois artistes montréalais de styles différents mais animés d’une veine partagée ont joint leur forces pour une soirée intime le 4 avril, à l’espace artistique et club social  Le Scaphandre  (The Diving Bell). Le trio  Yum , l’artiste solo  Magi Merlin  et le projet  The Forties  ont offert à un public clairsemé mais dévoué un programme musical concis, compact, de courte durée mais bien articulé. Cette veine partagée se situait au confluent d’une bizarrerie ingénue, teintée de nuances modérément glauques, et des sensations langoureuses d’une pop R&B aux allures hipster. L’espace du club social était particulièrement adapté à l’événement : très spacieux, enveloppé de ténèbres énigmatiques, rempli d’une froideur stylée. Ce n’est pas un bar tout court mais un terrain artistique polyvalent intégrant entre autres un comptoir. Une  présentation approfondie  a déjà paru sur les pages de KMW l’été dernier, à l’occasion de son inauguration. ...

Red Hot Chili Peppers, The Strokes et Thundercat au centre Rogers, Toronto

Le 21 août 2022, je suis allé regarder ces trois artistes : l’occasion pour moi de revisiter et de redécouvrir la capitale de l’Ontario. La sonorisation était ce que j’aie entendu de plus horrible à une scène de cet acabit. Je m’explique difficilement cette faille frappante. Serait-ce que les caractéristiques acoustiques du centre Rogers ne soient pas adaptés aux spectacles de musique? En tous cas, c’est fort étonnant quand on sait que les groupes de cette renommée amènent habituellement leur propre équipe de techniciens sur les lieux. Seuls The Strokes pouvaient se féliciter d’un son qui fasse plus ou moins honneur à leur musique. Chez les autres artistes, il s’agissait d’un brouhaha inintelligible que l’on ne peu écouter qu’en ayant des bouchons dans les oreilles. Thundercat La prestation et la présence même de cet artiste à un tel événement m’a paru un peu gratuite. C’était du jazz recouvert d’un vernis pseudo-punk, mi-figue mi-raisin, se soustrayant aux exigences élevées d’un publi...

Alvvays : la lèvre supérieure rigide d’une petite fille triste

Mars 2023  Le groupe canadien Alvvays ne nécessite plus de présentation pour les amateurs de pop-rock indé contemporain. Leurs airs rêveurs et tristes, tissus d’un calme éthéré qui berce et enveloppe l’auditeur, ont su enthousiasmer plus d’un depuis 2011, année de fondation du quintet. Le concert a eu lieu à Montréal, début mars, au M-Telus, sans faire trop de vagues, mais il a su réjouir les admirateurs du groupe originaire de l’Île-du-Prince-Édouard. C’était un soir sombre et glacial de fin d’hiver. La lumière était au bout du tunnel mais paraissait peu à même de nous réchauffer. Nous sommes arrivés un peu en retard et n’avons pu assister qu’à la clôture de la prestation du groupe qui assurait la première partie, DISQ. Ma mémoire en garde le souvenir d’une salve de punk-rock emballé et stylé qui laboure l’imaginaire de l’auditeur dans l’espoir d’en soutirer une émotion. Musicalement, ce n’était rien de bien nouveau : un rock d’adolescents de bonne famille espiègles et un peu fâch...

La fougue disciplinée: Meggie Lennon, Legal Vertigo et Bon Enfant

Fan de Canailles, j’ai été tout de suite intrigué par le nouveau projet de Daphné Brissette, Étienne Côté et Mélissa Fortin – Bon Enfant. J’en ai entendu parler pour la première fois il y a presque un an. C’est à cette époque que mon oreille a pu capter les derniers accords de leur spectacle sous l’aile des dimanches Déplogue! au Quai des brumes. Je suis arrivé très en retard ce soir-là, mais j’ai quand même pu deviner l’espèce de rock progressif qui épousait étonnamment bien la voix abrasive de Brissette, front-woman de Canailles. Alors, quand j’ai remarqué la myriade d’affiches couvrant actuellement les murs de Montréal et annonçant la venue au monde de leur premier opus éponyme, je me suis promis de ne plus manquer l’occasion. D’autant plus que, en attendant, j’ai pu faire connaissance avec leur nouveau-né en ligne. Cette fois-ci l’occasion nous a été offerte par le festival M pour Montréal, hébergé ce jour-là par Le Ministère. Aux côtés de Bon Enfant, nous avons pu découvrir deux a...