Un concert qui en mettait plein les yeux et le cœur : des ténèbres guérisseurs, des lumières qui dansaient, des rythmes envoûteurs. La musique de Bibi Club était bien plus belle en concert que sur enregistrement : les sons sont plus puissants, profonds, pleins d’audace. L’évolution des deux protagonistes sur scène contribue grandement à vous immerger dans un espace-temps à part, mais aussi à vous faire danser, crier, chanter. Le public était survolté et plein d’amour pour ses deux amis. Eux, et notamment Adèle Trottier-Rivard, avaient une attitude complice, empathique envers le public, et lui d’en raffoler. En les regardant se produire, j’ai compris qu’ils avaient un message, qu’ils recherchaient un sens profond à ce qu’ils font, un aspect qui m’avait échappé lorsque j’écoutais leurs albums. C’était une expérience assez dark sur le plan formel (leur dernier album Amaro, celui qu’ils présentaient ce soir-là, l’est bien plus que leurs deux précédents), mais jouissive et surtout purificatrice sur le plan des émotions. Ils ont aussi joué leur toute dernière chanson, J'arrive à la ville, dédiée à Lhasa del Sela, d'un tragisme solennel qui fait véritablement écho à l'oeuvre de l'illustre montréalaise. En première partie, nous avons vu le groupe ambient Lune très belle, qui superpose des couches minimalistes d’accords de vibraphone et de guitare, ponctuées délicatement par une basse douce et sillonnées par une voix rêveuse. Ils m’ont rappelé Tuxedomoon, mais en version beaucoup moins sombre, beaucoup plus agréable à vivre. C’était une soirée qui donnait de la joie. Bibi Club, un groupe de Montréal, joue souvent en dehors de Montréal et rarement ici. C’était donc un privilège rare de pouvoir les voir et écouter ce soir-là, à La Sala Rossa.
| La salle |
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